RADAR DVD VOYEUR VS. INVISIBLE Film de jeunesse de Brian De Palma, «Hi, Mom!» a l’énergie foutraque du New York underground des années 1970. Le regard y est essentiel. Comme dans «Fenêtre sur cour», le personnage principal, joué par Robert De Niro est un voyeur fasciné par les innombrables fenêtres de l’immeuble moderne qui fait face à son appartement pourri. Il épie de sa caméra ses voisines avec pour but de réaliser des films érotiques. Dans «Hadewijch», dernier film de Bruno Dumont, le regard s’avère aussi crucial. Céline, jeune religieuse, se prive de nourriture. Ces mortifications lui valent d’être virée de son couvent. La mystique souffre de ne pas voir Dieu, son «bien-aimé», qui lui reste invisible. De retour dans le monde, elle ne cesse de poursuivre cet amour. Une quête qui teinte d’une sensualité étrange ce rapport entre une jeune fille et son objet d’adoration, à la fois invisible et aveuglant, au point de pousser la jeune fille dans les bras d’extrémistes musulmans et de lui faire commettre un attentat meurtrier. En prenant le parti de ne pas condamner son héroïne qui plonge avec une infatigable douceur dans l’erreur et le fanatisme, Bruno Dumont livre un film troublant et provocant, mais lumineux comme un immense amour. «HI, MOM!» de Brian De Palma, avec Robert De Niro, Carlotta Films “Hi, Mom!” is all about the New York Underground’s diabolical energy in the 1970s. This early Brian de Palma film is a collage juxtaposing several films of different styles which are linked by actor Robert De Niro. He incarnates both a voyeuristic, erotic film director who spies on his neighbours and a performer who offers whites a chance to experience the dark side through various methods of torture and humiliation. In Bruno Dumont’s new film “Hadewijch”, perspective appears as an equally crucial element. Inspired by the poetic writings left by a 13th Century female Dutch mystic, the film follows her path as a novice nun thrown out of her convent by a Mother Superior who is suspicious of the ecstatic behaviour – self-imposed deprivation and humiliation – she exhibits. Back in the real world, her overwhelming love for her beloved Christ – invisible and yet blinding – leads the character to fanaticism and terrorism. By choosing not to condemn his heroine as she slips into unacceptable behaviour with a sweet stubbornness, Bruno Dumont leads the viewer in to a luminous trance, where a carnal and sensual love of God springs miraculously from the camera’s lens. «HADEWIJCH» de Bruno Dumont, avec Julie Sokolowski, Pyramide Films 16