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Dimanche 22 Novembre 2015
11 • Armand POINT ( Alger 1860 - Naples 1932 )
La Fontaine de Jouvence 1901
Pastel sur toile Porte au dos le cachet de la vente de l’atelier 64 x 81 cm 20.000 / 30.000 €
Pastel on canvas, studio sale’s seal on the reverse, 243/4 x 314/8 in.
Une grande scène de joie mystique se déploie devant un portique qui rappelle celui de Mantegna dans «Minerve chassant les Vices du jardin de la vertu», oeuvre que Point a évidemment vue au Louvre. Gracieuses jeunes femmes, naïades, joueuse de luth, jeunes gens, un cerf et une licorne, animaux christiques qui apportent un note chrétienne, s’ébattent autour d’un petit lac, sous la bienveillante attention d’un amour dispendant l’eau de Jouvence puisée à la fontaine. Bien que le carton de tapisserie intitulé «La Fontaine de Jouvence» ait disparu, nous estimons qu’ il est apparenté avec ce tableau de dimensions moyennes vendu à Drouot en 1999, sous le n°140, auquel nous attribuons le même titre. En effet, le commentaire de Gabriel Boissy relatif au carton de tapisserie, rédigé à l’occasion de l’exposition Point de 1903 et rappelé ci-après ainsi que les documents contenus dans le dossier F21/10/4258 des Archives nationales montrent une très bonne cohérence avec cette peinture. « Avec les « Mages », nous passons à la seconde manière, celle de la «Fontaine de Jouvence», carton de tapisserie commandé par l’Etat. L’ordonnance de ce panneau est magistrale, le paysage à la fois mystique et vivant. La figure à la coupe, les naïades en fuite, les éphèbes, le cupidon conçu en transition à l’Eros, sont de grand style et surtout cette figure de la Vieillesse, décrépite et cependant encore belle qui emprunte à l’absence du détail pittoresque et de tout accent réaliste son caractère de symbole et d’éternité. Mais pourquoi contredire la vigueur d’un tel art par une figure (celle de droite) vêtue selon l’esthétique anglaise ; et pourquoi conserver au marbre de la statue qui domine la Fontaine le ton même des corps vivants?» Gabriel Boissy, «L’Exposition Armand Point», Le Thyrse, 15 août et 1er septembre 1903. La lettre de Point à Hélène Linder de juillet-août 1901 montre qu’il y a eu vraisemblablement deux esquisses de «La Fontaine de jouvence». Quelle est celle qui fait l’objet de la présente fiche? Sans doute la première puisqu’on n’y retrouve pas la figure de la Vieillesse signalée par G. Boissy à propos du carton final. Provenance : Vente judiciaire, Fontainebleau, Atelier du peintre Armand Point, 6 et 7 novembre 1932. Vente, Paris, Drouot, Tajan, Tableaux, dessins et sculptures 1830-1930, 30 avril 1999. Nous remercions M. Robert Doré pour son aide précieuse dans la rédaction de cete notice. Cette œuvre sera intégrée dans le catalogue raisonné en préparation.