Enseignement supérieur 30 « Avoir un goût prononcé pour les études » Gérard Devis, proviseur du lycée Pothier d’Orléans, qui regroupe vingt-deux classes préparatoires scientifiques, littéraires, économiques et commerciales, détaille les avantages de la CPGE. Comment s’effectue le recrutement en classe préparatoire ? Nous recrutons à un minimum de 12 de moyenne. L’important est de ne pas avoir de faiblesse. L’élève qui présente un bon dossier a de grandes chances d’être accepté, la demande n’étant pas en croissance, et de bien réussir. Nous avons 25 % de boursiers. Le nombre de filles a augmenté de 15 % en dix ans. Elles sont 28,6 % en maths-physique, 31,3 % en physiquechimie, 66,6 % en biologie-chimie-physique et sciences de la terre et 68 % en littéraire. Quelles sont les qualités que doit posséder un étudiant de classe préparatoire ? Les étudiants ont un goût prononcé pour les études, une capacité de travail assez élevée (une vingtaine d’heures de travail personnel en plus de la trentaine d’heures de cours hebdomadaires). Il faut avoir un peu d’ambition. Tous ne savent pas exactement ce qu’ils vont faire, mais la plupart savent qu’ils veulent devenir ingénieur, ou cadre commercial. Pour les littéraires, c’est plus compliqué, même si les débouchés se sont diversifiés et si les écoles de commerce leur sont ouvertes : la plupart se destinent à l’enseignement ou à la haute administration. Il faut accepter les mauvaises notes... Il faut être capable de travailler sur un bon rythme, être en bonne santé, et faire preuve d’une certaine solidité psychologique pour faire face à la baisse des résultats. Car la référence n’est plus le bac, mais le concours, dont les épreuves sont relativement difficiles. Cela ne veut pas dire que les élèves deviennent mauvais. Ils vont progresser en cours d’année. Certains décrochent en cours d’année ? Très peu. Le contrat moral est de les mener jusqu’à la fin de la deuxième année. Quels sont les avantages de la prépa ? Le taux d’encadrement est important. Les professeurs connaissent très bien les élèves. Par rapport à une prépa intégrée, la prépa ouvre sur Gérard Devis est à la tête de nombreuses classes préparatoires. Un nouveau pôle Le lycée Pothier d’Orléans accueille, selon le proviseur Gérard Devis (qui part à la retraite à la fin de l’année), sans doute l’un des plus grands pôles de classes préparatoires de France, avec 830 étudiants. Ils bénéficieront, a priori dès le printemps prochain, d’un bâtiment dédié tout neuf de 4.500 m2. toute une gamme de concours : cela diversifie beaucoup les débouchés. Quelles sont les chances d’intégration ? Pour les scientifiques, il y a presque autant de places aux concours que d’étudiants en deuxième année. Pareil pour les écoles de commerce. Il y a de moins en moins de redoublements. Pour les littéraires, les places sont rares, et environ 80 % se retrouvent en troisième année de licence, souvent avec une double équivalence. On les retrouve plus tard parmi les certifiés et les agrégés. L’enseignement en classe préparatoire est décliné en crédits ECTS. Toutes les classes préparatoires de l’académie ont signé une convention avec les universités d’Orléans et de Tours pour définir les possibilités d’intégration. Cela se passe dans de bonnes conditions. La méthode et la rapidité de travail compensent les « zones d’ombre » que l’étudiant de prépa n’aurait pas étudiées. Beaucoup intègrent aussi les universités parisiennes. Et plus particulièrement à Pothier ? Tous les ans, nous avons des intégrations à Polytechnique, à l’École normale supérieure. En littéraire, c’est plus rare, il faut compter, en moyenne, une intégration tous les trois ans. Quelques exemples de réussite ? Je pense à un élève de classe préparatoire en commerce, pas parmi les meilleurs. Il a intégré l’Institut supérieur de commerce de Paris et occupe aujourd’hui un poste de très grande responsabilité commerciale dans une multinationale de la téléphonie. Il voyage beaucoup et touche un salaire très confortable !